Les troupes de Marine et la bataille de Bazeilles

Célébré chaque année dans les différents régiments héritiers des valeureux marsouins et bigors qui ont pris part à ce combat, l’anniversaire de la bataille de Bazeilles est devenu le symbole des Troupes de Marine. Retour sur ce fait d’histoire et d’armes.

En aout 1870, la France est en guerre contre la Prusse. Trois armées allemandes occupent l’Est de la France. Mac-Mahon est alors chargé de constituer une armée pour aller libérer François Achille Bazaine, alors commandant en chef de l’armée du Rhin. C’est au sein d’une division de cette armée, dite de « Chalons », appelée la « division bleue » – commandée par le général de Vassoigne, que le Marsouins et le Bigors combattent pour la première fois côte à côte.

La division bleue n’arrivera pas à Metz mais sera forcée de se retrancher  à Sedan, bloquée dans sa progression par l’armée allemande. Le général de Vassoigne reçoit alors l’ordre de reprendre Bazeilles aux prussiens. Malgré la supériorité en nombre et en armement côté allemand, les Troupes de Marine parviennent à reprendre le contrôle total du village à la nuit tombée, à coup d’assauts héroïques.

Le lendemain, l’armée prussienne lance une attaque, mais c’est sans compter sur 150 marsouins qui les attendent de pied ferme et mènent une contre-attaque décisive.

A ce moment, le général Ducrot, remplaçant Mac-Mahon à la tête de l’armée de Chalons, donne l’ordre d’abandonner Bazeilles afin de regrouper l’armée. C’est alors que le commandement de cette armée change de nouveau, passant aux mains du général de Wimpffen qui ordonne aux soldats de récupérer leurs positions. La division bleue doit de nouveau prendre Bazeilles aux allemands qui ont profité de l’évacuation de la ville par les français pour l’investir.

L’armée allemande a eu le temps de se renforcer en homme et en artillerie ; les combats sont de plus en plus meurtriers. La division bleue est encerclée, les vivres et les munitions viennent à manquer. Pour autant, les soldats qui la composent se battent avec acharnement pour défendre les derniers bastions qui n’ont pas encore été ravagés par des tirs d’obus ou par les flammes.

Les marsouins et les bigors se replient dans une auberge, l’auberge de la Bourgerie, à la sortie du village. Après plusieurs heures passées à se défendre envers et contre tout, les officiers encore en vie décident d’arrêter là le sacrifice des quelques soldats qui restent, ordonnent la fin des combats et revendique de tirer leurs dernières cartouches (Alphonse-Marie-Adolphe de Neuville peindra, en 1873, un tableau relatant ce fait d’arme qu’il nommera « Les dernières cartouches »).

Impressionnés par le courage de ces hommes qui se sont battus jusqu’au bout, les allemands leur laissent la vie sauve et permettent aux officiers de conserver leur sabre, marquant le profond respect et l’admiration pour ces militaires de la division bleue.

La défaite de Bazeilles aura bien des répercussions sur l’histoire puisque, la capitulation signée par Napoléon III le lendemain marquera la perte de l’Alsace et de la Lorraine, entrainera la chute du Second Empire et la mise en place de la Troisième République.